
Pendant la Grande Guerre, sept poilus décédés à l’hôpital militaire n°31, situé dans le Vieux Collège (ancien couvent des Ursulines) seront inhumés dans le carré militaire du cimetière d’Eymoutiers.
Le carré militaire a été restauré en 2025 par le Souvenir Français chargé de l’entretien des nécropoles et cimetières militaires.
Les soldats inhumés sont : Marcelin BON, Alexandre BOUCHE, Basile DAJEAN, Jules DOUSSAUD, Jean-Marie EON, Vincent HAYET, Mathurin MOTTAIS.

Vue du Vieux collège où se trouvait l’hôpital temporaire n°31 (dernier étage)
Cachet de l’hôpital (12e corps d’armée)






SABARTEZ Louis
Ce sont les deux derniers soldats du village morts pour la France en octobre 1918. Cela fait donc exactement cent ans que ces deux jeunes Pouzolais ont perdu la vie. Le plus âgé des deux, Louis Sabartez, 43 ans, marié sans enfant, affecté au 19e d’Infanterie, est mort le 5 octobre 1918 à Eymoutiers (Haute-Vienne). Il était le berger du village. Celui à qui certains confiaient leur chèvre le matin, et qui les ramenait le soir en même temps que son troupeau. Sa veuve a continué quelque temps cette activité. Le second, le sous-lieutenant Gaston De Fournas de la Brosse, était célibataire. Il s’était engagé comme volontaire à 18 ans, en juillet 1915, au 12e régiment d’infanterie à Tarbes. En mai 1916, sa formation terminée, il quitte cette ville avec son régiment. Il écrit ce moment, sur son carnet de route et de campagne : « Enfin, nous voilà prêts à partir et tout joyeux ; moi, pour aider mes trois frères à se battre et tout fier d’aller, moi aussi, prendre part à cette victoire si proche et si belle pour la France. » Il est mort, tué par l’ennemi, le 9 octobre 1918.
L’orthographe de son nom varie entre Sabarthès et Sabartez. Les documents militaires donnent la première graphie.



La plaque porte la mention erronée BON Jean-Marie au lieu de EON Jean-Marie




HÔPITAUX MILITAIRES
HB n° 26 bis Eymoutiers – Manufacture de lingerie, 319 bis rue Farges – 40 lits en 1914, 70 lits en 1915, 100 lits en 1916 – Il fonctionne du 23 septembre 1914 au 25 novembre 1916 – Reçut 363 malades et blessés hospitalisés –
Pendant la guerre de 14 – 18, François de Queyriaux transforma son usine en hôpital militaire qui portera le numéro 26 bis.

Parmi les médecins qui y prodiguèrent leurs soins, on peut noter le docteur Pradet et le docteur Jules Fraisseix.


Le Docteur Aristide Pradet aux côtés du Président Raymond Poincaré (1913)
Derrière, on reconnaït, Monsieur de Queyriaux et Madame
Monsieur de Queyriaux s’entoura d’un personnel soignant familial : son épouse et ses cinq filles.

Une de ses filles, Jeanne Yvonne de Queyriaux connut un destin tragique. Née le 26 octobre 1895, elle était infirmière militaire bénévole, titulaire de 3e classe. Elle est décédée le 7 mars 1918, à Neuilly-sur-Seine, après trois années de service actif, des suites d’une longue maladie contractée au chevet des blessés à l’hôpital de la rue Farges, fondé par son père. Elle était titulaire de la médaille d’honneur des Epidémies en argent et de l’insigne spécial des Infirmières en or. Elle reçut la citation suivante :
« Depuis le début des hostilités, a fait preuve, au détriment de sa santé, d’un remarquable dévouement et d’une abnégation absolue auprès des blessés et malades. »

La médaille d’honneur des épidémies en argent fut attribuée à certaines de ses filles.
Si l’on en croit une lettre anonyme publiée par le Populaire du Centre, le 27 septembre 1914, les débuts furent quelque peu compliqués :
« Que faut-il penser de ce qui se passe à Eymoutiers ? Il y a une ambulance indépendante, autorisée par qui de droit, très propre, très bien installée, disposant de deux médecins. Elle est prête depuis quinze jours et malgré demandes et démarches et promesses, elle n’a reçu aucun blessé, alors qu’il y en a, paraît-il, en surnombre à Limoges. Qu’est-ce que cela signifie ? Ne répondez pas que cela se passe à Eymoutiers et qu’ainsi tout s’explique. Ce ne serait pas suffisant. »
L’hôpital accueillera rapidement de nombreux blessés dans d’excellentes conditions d’après différents rapports d’inspection : « Salles de malades […] très hygiéniques – chauffage central – éclairage électrique – lavabos, WC avec chasse d’eau à chaque étage … »



Monsieur de Queyriaux sur le perron entouré de ses filles,
du personnel de l’hôpital et des malades et blessés

Carte postale dessinée par le sergent Manent et envoyée de l’hôpital 26 bis

Lettre d’Eugène Watel revêtue de la griffe de l’hôpital.
Il épousera une des filles de Queyriaux : Geneviève
HC n° 31 Eymoutiers – Collège communal, rues du Chapitre et des Ursulines – 50 lits en 1915 puis 100 lits – Fonctionne du 16 août 1914 au 23 janvier 1919 – Reçut 2447 malades et blessés hospitalisés – Il sera dirigé par le docteur Pradet, maire d’Eymoutiers.

Soldats en convalescence à
l’hôpital temporaire n°31 en mai 1917
On y voit: « les camarades Michaut, Le Daré, Beau »